dimanche 27 juillet 2008

Ma semaine à Hawaii ...

"ALOHA"


Nous sommes Dimanche 25 Mai 2008 ... A peine déscendue de l'avion , aprés 6h30 de voyage entre Papeete et Big Island (= Hawaii), me voilà sur le "Bottom Time", le bateau sur lequel je vais passer la quasi totalité de mes journées pendant ce séjour, à la découverte des récifs hawaiiens.

En ce qui me concerne, n'ayant pas encore passé mon 1er niveau de plongée, je vais me contenter de faire du snorkling (comprenez palmes-masque-tuba) ce qui est aussi trés intéressant vu la richesse de l'archipel.

Je suis sur le bateau avec toute une équipe de photographes professionnels venus pour un évènement de renommée dans le monde de la photo sous-marine, le Kona Classic. C'est la 7ème année que ces pro se retrouvent pour célébrer la photo. Evidemment, tout au long de la semaine, les voir plonger et remonter avec ces joyaux d'images m'a donné l'envie ... L'envie tout d'abord de passer mon 1er niveau et pourquoi pas de me mettre à la photo sous-marine, chose que je n'ai pas encore vraiment testé malgré ma passion pour la photo.


Donc, pour cette 1ère journée, pendant que les uns plongent, je m'amuse à découvrir les abords des tombants et les massifs de lave anncienne devenus des massifs coraliens, véritable terrain de jeux des différentes espèces de poissons.


A Hawaii, il n'y a pas de lagon, c'est le grand océan ... L'immensité des profondeurs est trés attirante mais aussi assez effrayante ... c'est pourquoi, je ne me suis pas trop aventurée, restant aux abords des massifs les plus accessibles (et qui regorgent toutefois de poissons d'espèces variées) ...

Ma prudence était de mise : à quelques mètres de là ... un requin tigre se balade ...J'ai la preuve en photo, prise par Ty, courageux photographe qui se trouvait sur son chemin !!!

"Punaise" ... quand j'ai vu ça ... mon sang s'est glacé, plus que lorsque j'étais dans l'eau (beaucoup moins chaude qu'à Tahiti).

Enfin, bref, pas de panique ... je suis enière et toujours vivante ! Le soir, invitation sur un bateau pour un apéritif dinatoire avec musique et coucher de soleil dans la baie. La fatigue s'étant accumulée, je suis prise d'un mal de mer qui n'est évidemment pas le bienvenu. Une nausée qui a amoindri le bonheur d'être face à un si beau sunset ... Demain, ça ira mieux !


Le 2ème jour :


Une bonne nuit de sommeil m'a remise d'appoint. Aprés avoir pris mon temps à l'hôtel, je pars faire un petit tour en ville pour une prospection ... Kona est ce que l'on pourrait appelé une petite station balnéaire. Petites boutiques de souvenirs, surfwear, multiples restaurants ... C'est assez joli et dans les magasins les gens sont trés accueillants.

Mon accent frenchie leur plait beaucoup et lorsque j'ai le malheur de leur dire que je vis à Tahiti, alors là, c'est l'extase ! Comme si eux aussi n'avait pas leur petit coin de paradis.

C'est marrant l'image que véhicule la Polynésie française !

La journée se poursuit avec la visite du "Lieu de refuge" :
Le Pu‘uhonua o Honaunau National Historial Park, ancien lieu d’asile pour ceux qui avaient enfreint un tabou, abrite un temple restauré. C'est un endroit sacré où lorsqu'on était condamné à mort ou exclu d'un clan, si l'on arrivait à s'enfuir et à accéder à cet endroit (difficile d'accés à l'époque), on était gracié et une seconde chance était offerte. Il n'était pas facile d'atteindre ces sanctuaires car outre la meute de poursuivants, il fallait échapper aux eaux tumultueuses et aux requins. C'est sans doute la raison pour laquelle les fautifs bénéficiaient d'une seconde chance, car personne ne s'attendait à ce qu'ils survivent.
Puuhonua O Honaunau est l'un des plus beaux sanctuaires de ce type. Bâti vers le 12ème siècle, il abrite dans ses 2,5 hectares des temples, d'anciens écrits sacrés hawaiiens sculptés dans des blocs de lave, des huttes de paille et des idoles géantes en bois.

Comme le veut la tradition ( que j'ai moi-même instaurée ... lol) que serait un séjour aux US sans un bon burger ... Le soir, nous allons donc au "Lulu's" ... Vue magnifique sur la baie, décor des îles avec la petite touche américaine (des billets de 1$ signés ou dédicacés accorchés partout).Une bonne soirée ... un estomac bien rempli !!!


MAHALO (= Merci en hawaiien)


Mardi 27 MAi :


A nouveau sur le "Bottom Time" pour une bonne partie de la journée. La 1ère plongée se fait en plein milieu de l'océan. La côte et les 1ers récifs sont assez éloignés du bateau. Palmes enfilées, masque ajusté, je me jette ... Aprés une quinzaine de minutes, je décide de retourner au bateau car en fait, aussi étrange que cela puisse paraître, je ne me sens pas à mon aise ... un étrange sentiment d'insécurité m'a envahit, des images du requin tigre ou des requins gris de Fakarava me reviennent en tête ... Mauvais délire !!! Dans ces conditions, mieux vaut sortir de l'eau. C'est dingue ce que l'inconscient peut nous jouer des tours. J'ai été dans des situations bien plus stressantes auparavant (entourées de requins citrons et requins gris, dans les eaux boueuses de la Guyane ...) et là, sans aucune raison apparente, j'ai peur de je ne sais quoi ...

Bref ! Il faut bien que ça m'arrive de temps à autre ! Tu vois maman, t'as fille n'a pas toujours le courage que tu lui crois (lol) ...

Le temps que la plongée se termine, je me fais bronzer malgré la présence intermittente du soleil.

En effet, le volcan, étant en activité en ce moment, une sorte de brouillard s'empare du ciel. Ici, ils appellent ça "Vog" (différent de "fog" signifiant "brouillard"). Le vog est en quelque sorte la désignation du brouillard issu du volcan. Ceci n'empêche pas de bronzer, et je dirai même que c'est bien plus confortable de rester sur le bateau par ce temps là. J'évite ainsi les coups de soleil !


La 2ème plongée se passera sur un site beaucoup plus facile d'accés et moins profond, ce qui va me permettre aussi de retourner à l'eau sans craintes. Je me sens beaucoup plus à l'aise d'ailleurs, et je profite donc beaucoup plus du paysage marin qui s'offre à moi. Que c'est beau ! Quel plaisir ! J'ai vraiment hâte de passer ce niveau de plongée et de voir ce qui se passe dans les fonds.


Le moment le plus magique de la journée arrive. Sur le chemin du retour, un banc de dauphins est là et nage autour du bateau. Nous le contournons pour les dépasser et une fois dans l'alignement de leur direction tout le monde se met à l'eau et nous nageons vers eux. Au début, il nous a été difficile de les voir ... quelques coups de palmes et en voilà 1 puis 2 puis ... wahou ! des dizaines !

Autour de nous, ils nagent, à quelques mètres de nous, nous dépassent ... ils passent si prés !

Le bateau nous récupère et nous renouvelons l'expèrience. Et à nouveau, le même scénario. Cette fois-ci, un dauphin passe devant nous ; à sa manière de plonger vers le fond, et au vu de l'allure à laquelle il remonte, Ty et moi devinons qu'il s'apprête à sauter à la verticale. Juste le temps de sortir la tête de l'eau, et le voilà faisant un saut majestueux ... une vrille sur lui même ... Je suis encore sous le charme de cette vision et même en plein coeur de l'océan, dans le "grand bleu", je n'ai peur de rien à ce moment précis.

Je souhaite à tout le monde de vivre une telle expèrience.


Sur le chemin du retour, ayant nagé pas mal, nous étions donc éloignés du bateau ; attendant que ce dernier vienne nous chercher, nous restons dans l'eau, à la recherche d'un dernier moment de magie ... et là, comme un fait exprés, une raie manta passe.

Sa nage est majestueuse, sa grâce me captive. C'est la 1ère fois que j'en vois une ... les plongeurs m'en ont beaucoup parlé et quelle surprise de la voir passer là, juste sous mes yeux !

Certes, elle n'était pas trés grosse, mais cela suffit à faire rêver une nouvelle fois.

De tout façon, ce n'est qu'un aperçu pour moi puisque ce soir, nous plongerons de nuit pour les voir. Le bateau nous ramène assez tard, ce qui ne nous laisse que quelques heures de répit avant de repartir pour la plongée nocturne. Sans grande difficulté, je m'endors ... ça fatigue autant d'émotions !!!


18 h, le bateau quitte le port ... Le spot où nous nous rendons est mondialement réputé pour l'abondance de raies manta venant se nourir à cet endroit. Le dernier record enregistré fait état de la présence d'une trentaine de raies en une seule plongée. C'est pourquoi, sur les lieux, vous vous en douterez, il n'y a jamais qu'un seul bateau.

Peu importe, le spectacle est tel qu'il se doit d'être partagé. La nuit tombée, les plongeurs se mettent à l'eau et commence à installer les projecteurs pour la séance photos. On voit par moment d'immenses ombres passées devant le bateau ... elles arrivent !!! en fait, les raies mantas sont attirées par la luminosité des spots (d'ailleurs, le lieu où elles viennent se nourrir est à quelques mètres de la piste de l'aéroport, elle-même éclairée). Si elles viennent là, c'est aussi parce que le courant ramène dans cette anse tous le plancton dont elles se nourrissent. Il n'y a d'ailleurs pas qu'elles qui se régalent, des bancs de poissons sont aussi de la partie.




Les Raies Manta - Un peu d'informations -


Parmi les raies, la raie manta est la géante de la famille. Elle atteint 7 m d’envergure (le record connu est de 8 m) pour un poids moyen d’une tonne mais parfois beaucoup plus (record connu de 3 tonnes).
Comme toutes les raies, elle possède un corps aplati dont les fentes branchiales s’ouvrent sur la face ventrale. Cette forme aplatie résulte d’un spectaculaire développement des nageoires à la fois sur les côtés et vers l’avant. Les fentes branchiales se sont naturellement retrouvées sur le ventre et n’apparaissent que lorsque l’animal est en position renversée. Elle porte des cornes pointées en avant de la tête et un fouet venimeux au bout de la queue. Elle ne l’utilise que comme arme défensive.
En principe, la raie manta est très sociable, elle évolue en petits groupes ou en couple. Il est rare de voir un individu nager seul.
Malgré son poids, elle est capable de bonds spectaculaires, parfois à près de 5 m de hauteur. On pense que ces bonds lui permettent de se débarrasser des parasites ou des rémoras agrippés sous son ventre.
C’est peut-être la douleur, provoquée par ces parasites, qui l’a fait ainsi jaillir.
Manta signifie « manteau » en espagnol, nom donné à cause de la forme particulière des nageoires.
L’aiguillon, à la base de sa queue, peut provoquer des blessures douloureuses. Elle n’attaque jamais l’homme mais bien sûr se défend en cas d’agression.


C’est très probablement l’un des poissons les plus spectaculaires. Battant lentement des nageoires pectorales comme d’une paire d’ailes, elle promène tranquillement sa masse gigantesque dans les fonds marins des mers chaudes et tempérées, y compris en Méditerranée.
Contrairement aux autres raies, la raie manta se pose rarement sur le fond. Elle entreprend de longues migrations.
La femelle est ovovivipare (les œufs éclosent à l’intérieur du corps et les embryons puisent leur nourriture dans le sac vitellin). Elle met au monde un à deux petit par portée après une gestation de 13 mois. Les organes copulateurs du mâle sont constitués de structures molles et cartilagineuses.
Une femelle se reproduit en général avec plusieurs mâles.
A la naissance, le jeune mesure déjà entre 1 m et 1,40 m de long.
Malgré sa taille impressionnante, la raie manta ne se nourrit que de plancton, de crustacés et de très petits poissons. Elle se sert de ses deux cornes légèrement incurvées pour canaliser vers sa bouche la nourriture microscopique.
L’eau et la nourriture pénètrent en même temps et les filtres branchiaux font le tri. Le diamètre de son œsophage est petit ce qui permet à son estomac de ne recevoir que les petites proies.
Sa mâchoire inférieure possède des dents bien qu’elle ne s’en serve pas pour se nourrir.
Une fois qu’elle a bien festoyé, elle digère tranquillement en se laissant flotter.



Le diable des mers ???


Son surnom de diable de mer lui vient des deux petites cornes plantées à l’avant de la tête. Mais, ce n’est sans doute pas la seule raison. De nombreuses légendes courent au sujet de la raie manta.
Les marins ont longtemps cru qu’elle pouvait entraîner les bateaux au fond de l’eau. Aux îles Tuamotu, on raconte qu’elle empêche les chercheurs de nacre de remonter à la surface en s’étalant au-dessus d’eux.
En réalité, la raie manta ne représente aucun danger pour l’homme. A l’inverse, l’orque et les hommes sont ses seuls ennemis. Même les requins ne s’attaquent pas à elle sauf si elle est blessée.

Ma rencontre avec les raies manta !
Me voilà donc nageant de nuit,chose que je n'avais jamais réussie à faire, dans une eau plus noire que noire. Je vous avoue que dans d'autres circonstances, j'entends par là si ça n'avait été pour les raies manta, je ne l'aurais sans doute pas fait. Il faut quand même vous dire que nager de nuit dans ces eaux profondes, à la recherche de mamifères pouvant mesurer jusqu'à 7 m et peser jusqu'à 1300 kg, provoque un stress et une montée d'adrénaline assez époustouflante. Mais bon, ça apprend aussi à avoir un certain contrôle sur soi et sur sa peur ... Tout est d'ailleurs trés bien organisé, et c'est ce qui est rassurant.

Soudain, une 1ère raie manta apparaît au loin, puis une autre ... en l'espace de quelques minutes nous voilà entourés d'environ quinze raies de tailles différentes. Certaines sont petites, mais il y en a aussi de trés grosses ... la plus importante devant faire entre 4 et 5 mètres d'envergure. La particularité de cette plongée, c'est qu'il n'est pas forcément nécessaire d'être plongeur pour profiter du spectacle. En effet, les raies viennent autant à la surface qu'au fond. Elles remontent et "dansent" faisant des pirouettes sur elles-mêmes ; elles passent à quelques centimètres de nous, comme si elles nous connaissaient. La tentation de les toucher est grande mais ceci est fortement déconseillé. En effet, les toucher "abîme" le mucus qui les recouvre et ceci les irrite, provoquant une sorte de "dermabrasion"... alors autant toucher avec les yeux !

Il est trés difficile de décrire le sentiment qu'un tel spectacle provoque. Une sensation d'ivresse, un sentiment de sécurité (malgré un environnement hostile), une immense excitation ; la légèreté de leur nage, la grâce d'un balai ... on pourrait même imaginer une musique sur laquelle elles s'amuseraient à évoluer.

Bouche béante, fanons grands ouverts, elles se délectent du plancton fraichement arrivé, sans même sembler être génées par notre présence. A ce qu'il paraît, elles peuvent distinguer la luminosité des projecteurs mais ont une mauvaise vue ...elles doivent cependant nous sentir. Malgré la température de l'eau et le froid qui me gagne, je ne peux me résoudre à sortir de l'eau. Et pourtant, les projecteurs commencent à s'éteindre, je suis la progression des plongeurs pour retourner vers le bateau profitant encore et encore, inlassablement, des derniers instants du spectacle.

L'avis est unanyme lorsque nous partageons nos expériences ... INOUBLIABLE !!! Je me promets une chose : renouveler l'expèrience mais cette fois, en plongeant.
Wahouuu !!! Quelle journée !!! Comment ne pas faire de beaux rêves avec tant de belles images en tête.



Mercredi matin, je me réveille à 9h30. Petit déjeuner à l'hôtel puis retour dans la chambre où je me rendors jusqu'à 12h30 ... une éternité que ça ne m'était pas arrivé. Vers 15 h, je pars en ville où BodyGlove, une marque trés connue aux US et dans le monde de la plongée, organise un évènement pour les enfants afin de les sensibiliser à la protection des coraux, des fonds marins et de sa faune. C'était super sympa ... je suis d'ailleurs repartie avec un maillot de bain tout neuf offert par la marque. Cool !!


Jeudi : Aujourd'hui, à 5 minutes du départ en hélico pour un survol de l'île, mauvaise nouvelle ! C'est annulé ! Les boules !!!!!! Je me faisais une telle joie de pouvoir faire ça ... et voilà que ça tombe à l'eau. il faut s'y résoudre. A 2 jours du retour pour Papeete, pas le temps d'organiser une visite de l'île.

Je connaîtrais donc mieux les fonds marins que la surface terrestre d'Hawaii (lol). Il faut positiver, et se dire que ça me donnera une occasion supplémentaire d'y retourner.

Ma journée va donc s'organiser différemment : shopping et plage.

L'hôtel est engagé dans la protection des tortues ... il est donc possible de nager avec elles (sans les toucher) dans un lagon naturel constitué de lave volcanique. Pour ma part, j'ai préféré me rendre un peu plus loin pour les observer ... ça demande quelques acrobaties pour y arriver mais j'avais repéré un endroit où elles adorent prendre la chaleur du soleil et dormir. Encore un bon moment ...

Comment penser que des gens les chassent et les tuent pour leur carapace dans des conditions barbares. C'est révoltant !!! et le fait de voir à quel point elles sont protégées à Hawaii est rassurant. Il devrait en être de même à Tahiti et beaucoup reste à faire malgré la présence de fondations de protection. Le soir, les photographes professionnels ont organisé une projection de leurs plus belles oeuvres ... un régal pour les yeux ...


Il me reste un jour avant le départ. Nous sommes vendredi, ce matin le bateau nous emmène voir une ferme d'élevage de poissons ; c'est spectaculaire ! Les images parleront d'elles-mêmes puisqu'il est assez cocace de décrire à quoi ça ressemble ...


Samedi, déjà une semaine passée ... des souvenirs plein la tête, la sensation d'avoir fait le plein du maximum de bonheur mais aussi l'envie de revenir pour découvrir toutes les autres ressources de Big Island ...

Alors à bientôt !

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